Direction la Drôme, au pied du Vercors, pour un reportage photo en immersion chez Jaillance, la maison qui fait pétiller la Clairette de Die depuis plus de soixante-dix ans. Trois jours en pleine effervescence : la vinification dans les cuves inox, le ballet de l’embouteillage, les portraits des femmes et des hommes du Diois, et tout un volet cocktails et ambiance de fête. Le tout saisi au direct flash, pour un rendu brut, contrasté, résolument moderne.
Trois jours en immersion au cœur du Diois
Quand la cave coopérative de Die m’a ouvert ses portes, je savais déjà que je ne voulais pas d’images léchées et désincarnées. Jaillance, ce n’est pas qu’une étiquette : c’est une aventure collective née en 1950, lorsque 266 viticulteurs du Diois ont décidé d’unir leurs forces sous l’impulsion d’Henri Bonnet. Aujourd’hui, ce sont plus de 200 vignerons qui perpétuent la méthode dioise ancestrale, unique en France, sur les coteaux escarpés de la vallée de la Drôme.
Mon parti pris : photographier ce savoir-faire en situation réelle, sans rien mettre en scène d’artificiel. Entrer dans la cuverie, suivre les gestes, capter la fébrilité d’une équipe pendant les vendanges. C’est exactement la démarche que je défends en reportage photo culinaire : figer l’éphémère, l’instinct, la vérité d’un métier.
Une boisson n’existe jamais seule. Elle vit dans des mains, dans une cuve, dans une fête. C’est tout cet écosystème que je suis venu raconter.
La vinification, des cuves inox à la mise en bouteille
Au cœur de la cuverie, la lumière se fait rare et les volumes d’acier renvoient des reflets froids. C’est là que tout se joue : la dégustation directe au tirage à la cuve, le contrôle des arômes de muscat et de clairette, la concentration de celles et ceux qui veillent sur le vin. J’ai choisi un direct flash déporté pour découper les silhouettes sur le noir des machines, donner du relief à la matière et assumer un contraste franc, presque documentaire.
Plus loin, la ligne d’embouteillage impose son rythme : des milliers de bouteilles vertes qui défilent, les bouchons, les muselets, le sol mouillé qui accroche la lumière. Le portrait de l’opérateur, bras croisés devant ses machines, dit toute la fierté d’un savoir-faire industriel maîtrisé — un terrain que je connais bien et que je prépare activement pour le concours de Meilleur Ouvrier de France en photographie industrielle.
Cocktails et mixologie : la Clairette dans le verre
Changement d’ambiance et de lumière. Place à la mixologie : un spritz à la Clairette posé sur un fauteuil de cuir patiné, un cocktail au fruit de la passion monté à même le plan de travail, le service au bar entre glaçons et bulles. Ici, le direct flash sculpte les transparences du verre, fait scintiller les bulles et joue avec les ombres portées sur les murs en pierre. L’objectif : montrer un vin effervescent vivant, contemporain, festif, loin des clichés poussiéreux.
Ce travail sur la boisson rejoint ce que je développe en studio à Lyon pour les marques de l’agroalimentaire et les artisans à forte valeur ajoutée : une image léchée sur la matière, mais toujours habitée par un geste et une intention.
Photographier une bulle, c’est photographier un instant qui n’existera plus une seconde après. Tout est dans le timing.
L’esprit de fête, signature visuelle de Jaillance
Impossible de parler de Clairette de Die sans la fête. Tapis rouge, flûtes et coupes, paillettes : j’ai voulu des images qui claquent, avec ce grain et ces couleurs saturées que seul le flash direct sait donner. Une esthétique brute et joyeuse, à mille lieues de la photo de vin convenue, pour coller à l’énergie d’une maison qui sait que ses bulles accompagnent les grands moments.
De la vigne au verre, du cariste au mixologue, ce reportage raconte une maison coopérative ancrée dans son terroir et tournée vers son époque. C’est précisément ce que j’aime faire : relier le producteur, le produit et le plaisir final dans une même narration visuelle, qu’il s’agisse d’un domaine viticole, d’un chef étoilé ou d’un artisan du goût.
Un projet de reportage de marque, de film ou de photographie de produit à raconter ? Échangeons sur votre prochaine histoire.