La cuisine lyonnaise, comme vous ne l’avez jamais vue

Lyon et sa gastronomie, c’est une affaire de patrimoine : des bouchons, des recettes transmises de génération en génération, des plats que l’on connaît par cœur. Avec « Lyonnaiseries », j’ai eu envie de prendre ce patrimoine à contre-pied. Non pas photographier sagement ces classiques dans l’assiette, mais les saisir au moment exact où ils se décomposent en plein vol. Les faire exploser, littéralement, pour mieux célébrer ce qui les compose.

Cette série de photographies d’art culinaire est née d’une obsession de studio : et si l’on figeait une recette emblématique de la gastronomie lyonnaise à l’instant précis de sa chute, quand les ingrédients suspendus dessinent dans l’air une chorégraphie invisible à l’œil nu ? Chaque image devient alors une nature morte en mouvement — un paradoxe qui résume assez bien ma façon de voir la photographie culinaire.

Figer l’explosion : les coulisses

Derrière chaque cliché en apparence spontané se cachent de longues heures de studio. Pour immortaliser une projection ou une chute, tout se joue sur une fraction infime de seconde : un éclair de flash extrêmement bref vient « geler » le mouvement, là où l’œil ne perçoit qu’un flou. La lumière est sculptée au millimètre, le déclenchement synchronisé au centième près, et il faut souvent recommencer des dizaines de fois — nettoyer, recharger, recomposer — avant d’obtenir la trajectoire parfaite.

C’est un travail patient, artisanal, à l’opposé d’une image fabriquée par ordinateur. Chaque éclaboussure, chaque miette en suspension est réelle, capturée pour de bon devant l’objectif. Je tiens à cette photographie honnête : elle raconte une matière, un geste, un accident maîtrisé — pas un fantasme généré.

Des classiques lyonnais en tableaux vivants

Quenelles sauce Nantua, tarte aux pralines, rognon de veau, œuf meurette, côte de bœuf grillée, flan aux marrons… Une à une, les spécialités lyonnaises passent devant l’objectif et se métamorphosent en scènes de théâtre culinaire. La recette se déconstruit, les ingrédients prennent leur envol, et le plat le plus familier se révèle sous un jour spectaculaire et gourmand à la fois.

Au fil des prises, ces compositions sont devenues une véritable signature photographique : un dialogue entre la rigueur du studio et la liberté du geste, entre la mémoire d’une cuisine et son explosion poétique. Une manière, aussi, d’ancrer ces plats centenaires dans l’histoire visuelle moderne de Lyon.

Découvrir la série

L’ensemble des « Lyonnaiseries » est présenté sur ma page photographie artistique culinaire, où chaque œuvre existe en tirage d’art, numéroté et signé sur papier Fine Art. Un projet qui prolonge, en galerie comme au mur, le travail que je mène chaque jour en tant que photographe culinaire à Lyon.

Une idée de collaboration, une série à imaginer pour votre maison ou votre marque ? Échangeons sur votre prochaine histoire culinaire.